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Eds.,
Maria Voda Capusan, Marina Muresanu-Ionescu, Liviu Malita.
Culture et Francophonie. Dictionnaire des relations franco-roumaines.
Editura Fundatiei pentru Studii Europene, Cluj, 2003.
Sous
le titre Culture et francophonie, les éditions
EFES de Cluj, Roumanie, publient un Dictionnaire des relations
franco-roumaines (XLVIIIp. + 132 p., avec 16 pages dillustrations
hors-texte). Un dispositif impressionnant dauteurs (au
nombre de 75) a été mobilisé pour la
rédaction de louvrage, qui comprend deux grandes
séquences : un «répertoire » comptant
58 articles qui couvrent les grands domaines de la culture
(sciences, arts, enseignement, institutions, échanges)
et une série de 92 articles consacrés aux personnalités
françaises et roumaines sétant illustrées
dans les domaines précédemment décrits;
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(cliquez pour détails)
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le tout encadré d'un nombre
de 16 interventions dues à des responsables des relations
franco-roumaines, diplomates, universitaires et agents culturels,
avec l'objectif, clairement affiché, de souligner à
la fois la longue durée de ces rapportqui démarrèrent
dans la seconde moitié du XVIIIe siècleet
lengagement conjoint des deux pays dans ce quon pourrait
appeler la culture de la francophonie.
Comme on pouvait s'y attendre, les plus nombreux articles sont
consacrés à la littérature et aux arts, dont
la peinture et le théâtre sont privilégiés.
Pour les lettres, il y a des articles sur des écrivains,
des essayistes et des intellectuels roumains ou nés en
Roumanie ayant écrit en français (Marthe Bibesco,
Emil Cioran, Pompiliu Eliade, Anna de Noailles, Pius Servien,
Hélène Vacaresco), mais aussi sur des enseignants
ou des universitaires français qui ont vécu en Roumanie
une partie de leur vie ou qui y ont passé de longs séjours
détudes, et dont les attaches culturelles avec le
pays daccueil furent particulièrement fortes (Yves
Auger, Charles Drouhet, Matila Ghyka, André Godin, Henri
Jacquier, Marianne Mesnil, Paul Morand, Emile Picot). Enfin, sous
cette meme rubrique on peut ranger les articles consacrés
aux professeurs et aux animateurs culturels roumains ayant uvré,
par leurs actes et écrits, à la diffusion des lettres
françaises en Roumanie : Ion Braescu, Nicolae Condeescu,
Nicolas Popa, Mihai Ralea, Liviu Rusu.
Les peintres roumains qui ont fait leurs premières armes
en France, doù ils sont rentrés riches de
savoir et d'art, sont très nombreux. Pour s'en convaincre,
il suffit de citer une partie deux, que le dictionnaire
se fait un honneur de présenter : Theodor Aman, Ion Andreescu,
Victor Brauner, Nicolae Darascu, Nicolae Grigorescu, Iosif Iser,
Stefan Luchian, Theodor Pallady, Gheorghe Petrascu, Nicolae Tonitza.
Toujours dans le chapitre des arts, le théâtre roumain,
avec les trois volets : auteur, acteur et metteur en scène,
a eu des rapports très étroits avec la France, surtout
au XXe siècle. Dans les articles du dictionnaire, les noms
dauteurs dramatiques (Alexandru Davila) cotoient ceux d'acteurs
s'étant formés en France ou grâce à
des maîtres français (Mihai Pascaly, Matei Millo,
Elvire Popesco), et surtout de metteurs en scène (Catalina
Buzoianu, Mihai Maniutziu, Radu Penciulescu, Lucian Pintilie).
Et pour finir ce chapitre, les musiciens roumains familiers de
la culture française sont eux aussi nombreux, et surtout
dexcellente qualité. Si le grand Enesco est reconnu
comme un des plus importants compositeurs du XXe siècle
et Dinu Lipatti comme un des plus grands pianistes de toutes les
époques, Constantin Brailoiu est le fondateur de l'ethno-musicologie,
alors que la « nouvelle génération »
de compositeurs roumains peut être fière de compter
parmi ses membres des musiciens comme Cornel Taranu ou Dan Voiculescu.
La géographie roumaine doit beaucoup à la France,
plus précisément à Robert Ficheux et à
Emmanuel de Martonne, géographes français qui ont
publié dimportants travaux sur la Roumanie. En moins
grand, Henri Capitant, spécialiste français de droit
civil, a réussi à former par son enseignement des
années 1930 les meilleurs spécialistes roumains
en la matière. Et que dire, pour en rester aux sciences,
de l'activisme pro-français d'Emil Racovitza, fondateur,
à Cluj, du premier Institut de Spéléologie
du monde, mais aussi dune Association pour la Propagation
de la Langue et de la Culture Françaises? ou de la dette
envers la France de Nicolae Paulescu, qui, après de brillantes
études à Paris, allait publier en 1925 dans Les
Archives internationales de physiologie son compte rendu de
la découverte de l'insuline?
Les articles thématiques du dictionnaire concernent des
institutions et des pratiques variées. La politique (art.
ambassade, diplomatie, négociations) y voisine avec les
loisirs (art. cinéma, jardin botanique, vin) et la présentation
dinstitutions (art. Académie Roumaine, bibliothèques,
Centres détudes de lettres françaises ou francophones)
avec des articles peu conventionnels (cuisine, maçonnerie,
mode, villages) dont la bigarrure meme est signe de la volonté
douverture de léquipe de coordination.
Pour l'essentiel, un travail intéressant, le premier en
son genre. On aurait cependant aimé pouvoir consulter un
index des entrées, et aussi voir une plus grande rigueur
dans la saisie des textes et l'élimination des coquilles,
ainsi que, parfois, dans lexpression. Avec ces petites réserves,
un livre que lon peut parcourir avec profit, utile aux chercheurs
comme au grand public, et qui donne une image détaillée
des rapports privilégiés entre la France et la Roumanie.

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Lingua Romana: a journal of French, Italian and Romanian culture
Volume 2, number 1 / fall 2004
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